
L'engagement, cet enfant des Oliviers (Marseille, 13e) y baigne très tôt. Mère engagée, scoutisme ... L'ouverture à de nombreuses activités lui permet de fréquenter des univers variés qui lui permettent de trouver sa place tout en aiguisant sa vision du monde. Créateur de marque, puis policier avec une parenthèse dans la grande distribution, il devient une figure de l'action culturelle dans les quartiers de Marseille. Des maraudes aux dictées géantes en passant par la projection de films en plein air, Ismaël n'est pas de ceux qui se contentent de regarder tranquillement le film. Il a besoin d'être au cœur de l'action.
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Des Oliviers aux scouts
Ismaël grandit aux Oliviers, ce quartier des quartiers Nord qu’il décrit avec une pointe de nostalgie comme un « village » où la bienveillance régnait. Le petit Ismaël est un minot "espiègle", dit-il, mais surtout curieux de tout.
Sous l'impulsion de sa mère qui l'inscrit aux scouts, il apprend très tôt à « mettre la tête dans le torrent » et à se tourner vers les autres. Son enfance est un inventaire à la Prévert : entre les cours de claquettes, la pelote basque le solfège, la batterie et le Taekwondo, Ismaël s’est forgé une capacité « navigation sociale » hors pair, capable de discuter avec n'importe qui, sans préjugés.
Le déclic de Durbon : de la force au secours
L'adolescence marque un tournant. C'est dans le domaine de Durbon, en tant qu'animateur d'une colonie de vacances, qu'il prend conscience de la nécessité d'agir. En s'occupant d'enfants dont les souffrances dépassaient les siennes, il comprend que sa force ne doit pas servir à opprimer, mais à secourir. Son modèle ? Mohamed Ali. Pas seulement pour les gants de boxe, mais pour le courage de dire et de faire, pour la cohérence entre les convictions et les actes.
Le pouls de la société : l'uniforme et l'engagement
En 2003, il entre dans la police avec l'envie de « protéger, servir et assister ». Pendant des années, il tient « le pouls de la société », confronté à la dureté du quotidien, des interventions de la BAC aux drames humains les plus sombres. Mais l'appel de l'engagement associatif est plus fort.
En 2017, il lance Action Bomayé en parallèle de sa mission de policier. Ce qui commence par des maraudes alimentaires se transforme vite en une ambition plus vaste : nourrir les esprits.
Action Bomayé : la culture comme moteur d'émancipation
Ismaël en est convaincu : la culture est le meilleur vecteur de cohésion. Il lance les Dictées Géantes, transformant un exercice parfois redouté en un moment « sexy » et fédérateur qui réunit plus de 1000 personnes au Vallon des Pins. Puis vient le cinéma avec le programme Happy End, où il s'agit de montrer aux jeunes que les métiers de l'image (scénario, cascade, régie) leur sont accessibles. Son utopie ? Créer une économie horizontale où les habitants sont les acteurs du changement.
Aujourd'hui : voir grand et rester optimiste
En 2024, Ismaël a raccroché l'uniforme pour se consacrer pleinement à son association, qui compte désormais six salariés. Malgré le stress des subventions et la « gestion sportive » de l'associatif, il garde ce sourire et cet optimisme qui le caractérisent. Son nouveau défi ? Le podcast QFP (Quartiers à Fort Potentiel), pour valoriser les réussites locales et transformer les regards.
Quand on lui demande ce qu'il reste de Mohamed Ali en lui, Ismaël répond humblement : « le fait de rêver grand et d'être optimiste ».
Et pour revoir l'épisode 1, c'est par là :
