L’année 2025 se termine sur un record d’audience pour Marseille Sociale et Solidaire

L’année 2025 se termine sur un record d’audience pour Marseille Sociale et Solidaire

Mardi, Décembre 23, 2025

Par Maëva Gardet-Pizzo, fondatrice de Marseille Sociale et Solidaire

L’année 2025 se termine sur un record d’audience pour Marseille Sociale et Solidaire. Un record en dit long sur Marseille et sur ceux et celles qui vivent cette ville au quotidien.

J’avais prévu de partager une rétrospective assez classique de ces si riches mois de 2025 sur Marseille Sociale et Solidaire. Mettre en avant, pêle-mêle, la richesse des initiatives mises en avant, la situation de plus en plus invivable des associations, le bonheur d'œuvrer aux côtés du collectif que le média est parvenu à fédérer … Mais il s’est passé quelque chose qui a quelque peu changé mes plans.

Une vidéo. Probablement celle sur laquelle j’ai passé le moins de temps. En bas de chez moi. 5 minutes chrono. Très peu de montage. Face caméra, Alan et Sofiane, deux jeunes venus des Oliviers A (dans le 13eme) expliquent qu’ils ont crée une association -Espoir Jeunes 13- pour venir en aide aux plus démunis. Ils sont un peu stressés mais cela ne se voit pas. Magie du montage.

65 000 vues en moins de 12 heures

La vidéo est postée vers 13h. Dans la soirée, je constate qu’elle fait l’objet de 100 likes par tranche de 5 minutes. 12 heures plus tard, la vidéo dépasse les 68 000 vues sur Tiktok. Plus de 6000 commentaires qui en disent long sur Marseille. Sur sa jeunesse. Et sur notre société.

Il y a bien sûr les innombrables propositions d’aide : des choses à donner, du bénévolat aussi. La simplicité de ce que propose la jeune association y est pour beaucoup puisque les jeunes se déplacent pour venir récupérer les dons. Pratique lorsqu’on a des stocks d’habits dont on ne se sert plus. Pourtant, ce que ça révèle c’est aussi que l’envie d’aider est palpitante, vibrante. Elle est souvent étouffée. Nos vies sous pression. L’énergie lessivée, le temps minuté. Mais elle ne demande qu’à vivre. Qu’à s’exprimer. Car elle donne du sens à nos existences que l’économie capitaliste a réduit à une compétition effrénée vers des aspirations matérielles. Quoi qu’il en coûte pour notre bonheur collectif. Et pour notre santé mentale.

Parmi les commentaires aussi, beaucoup de fierté. Celle de voir cette jeunesse des quartiers Nord de Marseille s’engager de manière aussi spontanée, aussi naturelle pour la solidarité, là où, beaucoup le disent, les pouvoirs publics ont échoué, ou simplement déserté.

Cette jeunesse avance avec humilité. Sans calcul. Juste parce qu’elle en sent le besoin. Cette jeunesse que l’on stigmatise trop souvent. Cette jeunesse qui a tellement à apporter si tant est qu’on arrête de ne la percevoir que comme un danger imminent. Une menace à enrayer le plus tôt possible.

La jeunesse marseillaise a horreur de ceux qui la stigmatisent

Non, interdire les réseaux sociaux ne sera jamais la solution miracle aux maux que notre jeunesse subit, d’autant plus dans ces quartiers. La nature a horreur du vide. La jeunesse marseillaise, elle, a horreur de ceux qui la stigmatisent. De ceux qui la condamnent à l’impuissance. À des itinéraires sociaux qui sont ceux qui ont tant abîmé leurs parents. Elle a horreur de ceux qui la privent de services publics. De ceux qui assèchent les caisses de leurs associations de quartier. Ces associations qui sont souvent les dernières à leur donner la possibilité d’agir. Éducation populaire. Centres sociaux. L’avenir de nos sociétés est là. Bien plus que dans n’importe quelle nouvelle technologie.

« Franchement on vit quelque chose d’incroyable, La solidarité nous fait trop plaisir, On collecte sans arrêt grâce à vous, Merci énormément on vous remercie jamais assez pour le tremplin que vous nous avez donné, On est débordés.. Mais c’est ce qui faut , On sait pour qui et pourquoi on le fait, Vous aurez toujours notre gratitude et notre soutien  » - C’est ce que m’ont écrit Alan et Sofiane face au succès de leur démarche que la vidéo a amplifié.

Média(teur) de solidarité

Pour Marseille Sociale et Solidaire, c’est un cadeau sans pareil. La confirmation que l’on a vraiment un rôle à jouer. Un rôle d’amplificateur de solidarité. Notamment auprès de ceux qui ont le courage de se lancer pour tenter de répondre à l’immensité des besoins sociaux dans cette ville où un habitant sur quatre vit en dessous du seul de pauvreté. Un rôle de médiateur pour ceux qui font, et pour ceux qui, nombreux, aimeraient faire, eux aussi. Un médiateur qui crée des liens là où d’autres divisent. Un média de proximité qui donne à voir, à écouter, fracassant sans efforts les préjugés. 

2026 sera sociale et solidaire. Et on fera tout pour.

J’en finis par ces quelques mots de Diams. Ils étaient enfouis depuis longtemps. Et ils ont soudainement ressurgi dans mon esprit :

[Ma France à moi] paraît faignante mais dans le fond, elle perd pas d'temps

Certains la craignent car les médias s'acharnent à faire d'elle une cancre

Et si ma France à moi se valorise, c'est bien sûr pour mieux régner

Elle s'intériorise et s'interdit de saigner, non

Alors peut être qu'on dérange mais nos valeurs vaincront

Et si on est des citoyens, alors aux armes la jeunesse

Ma France à moi leur tiendra tête, jusqu'à ce qu'ils nous respectent.

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